Publié le 09/11/2016

Réserve Naturelle Régionale des anciennes carrières d’Orival

Pont-sur-Seulles

Les anciennes carrières d’Orival ont été classées en Réserve naturelle régionale par délibération de la Région Basse-Normandie n°08-262, en date du 18 avril 2008.

L’exploitation de ces carrières a cessé il y a une soixantaine d’années. Les extractions et remblais ont créé une topographie de micro-vallons aux conditions écologiques variées qui font aujourd’hui la particularité du site. D’une superficie de 20ha, la Réserve est connue pour ses pelouses calcicoles, riches en espèces de fort intérêt patrimonial, mais réduites en raison de la fermeture spontanée du milieu. Le site abrite aussi un riche patrimoine géologique.

Au sud, la carrière voisine est toujours exploitée par l’entreprise « La Pierre d’Orival ». A l’ouest, le site offre un point de vue unique sur la vallée de la Seulles et ses prairies humides avec en arrière-plan le bourg de Creully.


Autres classements du site

  • Site Inscrit des vallées de la Seulles, de la Thue et de la Mue (arrêté ministériel du 9 janvier 1984)
  • Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope « Carrières d’Orival », (arrêté du 7 mars 1985), en raison de l’intérêt biologique du site et notamment de la présence de l'Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia (Lam.) Pers., 1806)
  • ZNIEFF I « Carrières d’Orival » n° 250006506 en raison de l’exceptionnel intérêt botanique, mycologique et géologique
  • ZNIEFF II « Vallées de la Seulles, de la Mue et de la Thue » n° 250006505.

Biodiversité et patrimoine géologique remarquables

Une douzaine d’espèces sont considérées comme prioritaires à la conservation au sein de la réserve :

  • 4 espèces végétales : la Gentianelle amère (Gentianella amarella (L.) Börner, 1912), la Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare L., 1753), l’Alisier de Fontainebleau Sorbus latifolia (Lam.) Pers., 1806 ainsi qu’une espèce de mousse (Southbya nigrella (De Not.) Henriq.) ;
  • 5 espèces d’insectes : la punaise Elasmostethus minor Horváth, 1899, les papillons de jours Lysandra coridon (Poda, 1761) et Spialia sertorius (Hoffmannsegg, 1804), le petit criquet des carrières Tetrix tenuicornis (Sahlberg, 1891) et le coléoptère Rhizotrogus cicatricosus Mulsant, 1842 ;
  • 3 espèces de chauves-souris : le Petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros (Bechstein, 1800)), le Grand murin (Myotis myotis (Borkhausen, 1797)) et le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus (E. Geoffroy, 1806)).

Depuis le classement en réserve, le nombre d’espèces connues a été multiplié par 2,5 pour atteindre aujourd’hui 1526 espèces. Cependant, de nombreuses espèces rares régionalement et mentionnées sur ce site dans les années 90 n’ont pas été revues au cours de la dernière décennie.

Le niveau de connaissance de la géodiversité a aussi beaucoup progressé à la suite du travail de diagnostic approfondi réalisé par l’Association pour le patrimoine géologique normand (Baillet et al. 2014). La réserve dispose à présent d’un solide état des lieux, quasi exhaustif, ainsi que d’un véritable plan d’actions pour assurer la mise en valeur des objets géologiques remarquables, selon une approche hiérarchisée.


La gestion écologique : « une restauration lente par pâturage et interventions mécaniques en complément »

Pour atteindre les objectifs du plan de gestion, un pâturage caprin est mis en œuvre. Une quinzaine de chèvres communes de l’ouest sont conduites d’un enclos à l’autre. Les rotations sont organisées pour garantir le maintien d’une diversité optimale d’habitats. En complément de l’action des boucs castrés sur les arbres et arbustes, deux vaches Highland viennent passent l’hiver sur le site pour consommer la strate herbacée.

En complément, des interventions manuelles sont pratiquées : bûcheronnage des arbres tombés en travers des chemins, exportation du bois tombé au sol pour favoriser le retour des plantes herbacées, réouverture de couloirs ensoleillés au sein de faciès ombragés… Des chantiers de bénévoles permettent à tous de prendre part à la préservation de ce site.

Un îlot forestier de sénescence est aussi maintenu au coeur de la réserve et garantit ainsi la conservation des espèces forestières.


L’ouverture au Public

Le site est ouvert aux individuels, il faut par contre obtenir une autorisation pour s'y rendre en groupe.

mais n’est accessible aux groupes constitués que sur autorisation. C’est pourquoi l’accès est dit "réglementé" sur les panneaux situés aux deux entrées du site, le long du chemin blanc.

Pour permettre à chacun de découvrir ce joyau de notre patrimoine naturel régional, des sorties grand-public sont programmées tout au long de la saison sur des thématiques variées : géodiversité, orchidées, papillons, génie écologique, le plan de gestion de la réserve …

Attention : ce site est interdit d'accès durant la période de chasse : n'hésitez pas à appeler le Conservatoire si vous souhaitez vous y rendre.